2 : Une université à Québec = une querelle Montréal – Québec

Dans les années 1840 et 1850, l'idée d'établir une université de langue française dans le Bas Canada (le Québec d'aujourd'hui) suscite une longue et persistante querelle entre les villes de Québec et de Montréal, et entre leurs évêques respectifs, sur un fond de chicanes religieuses. Comme les moyens matériels sont à peine suffisants pour une seule université, même bien modeste, l'institution qui sera créée desservira tout le territoire, sera donc provinciale.

« Les Messieurs du Séminaire [de Québec] sont des gens de devoir, mais aussi des gens lucides et pratiques. Sont-ils également des gens rusés ? Il se pourrait bien qu'ils redoutent qu'une université sous la coupe d'un épiscopat dominé par Mgr Bourget [évêque de Montréal] tombe rapidement sous la tutelle des ultramontains intransigeants ou encore, à cause du poids démographique de Montréal, sous la tutelle des Montréalais. » Puis Québec va de l'avant : « Le 29 mars [1852], le Conseil du Séminaire décide de demander l'érection d'une université diocésaine. [...] Le 12 avril, Mgr de Québec, Pierre-Flavien Turgeon, communique à Mgr Bourget son projet ‘d'établissement d'une université catholique'. [...]Mgr de Québec se fait rassurant : le Séminaire ne recherche pas un monopole de l'enseignement supérieur; il accueillera des étudiants venant de toutes les régions. Montréal s'objecte : «Mgr Bourget ne saurait refuser [d'appuyer le projet du Séminaire de Québec], mais peut-il abandonner toute idée d'une université à Montréal? Le 4 mai [1852], il déploie ses couleurs : il appui le projet de Québec, mais demande en retour qu'on corrobore la supplique qu'il enverra au pape en faveur d'une université catholique à Montréal. Cette fois, le rusé Mgr Bourget réussit à décontenancer Mgr de Québec qui charge son coadjuteur, Mgr Charles-François Baillargeon, de se rendre à Montréal pour tirer au clair cette affaire. De part et d'autre, on fait des compromis. Le Séminaire de Québec demandera que soit insérée dans la charte ‘une clause qui l'autorise à s'affilier d'autres maisons d'éducation de la Province dans le cas où on trouverait une telle affiliation avantageuse.

Mgr Bourget renonce dans l'immédiat à son université diocésaine, et il reconnaît que, dans les faits, Laval jouera le rôle d'une université provinciale. » Aux yeux de l'histoire, l'Université Laval est la toute première université de langue française au pays.


Pour en savoir davantage :

Jean Hamelin, Histoire de l'Université Laval, Les Presses de l'Université Laval Sainte-Foy, 1995, pp. 31 et 32.

 

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