9 : Les précurseurs de la Révolution tranquille

Dans le contexte de la grande dépression des années 1930, marquée notamment de chômage généralisé, d'exode rural et d'agitations sociales, l'Université Laval crée modestement en 1932 une première École des sciences sociales qui est alors affiliée à l'École supérieure de philosophie (devenue en 1937 Faculté de philosophie). Cette École des sciences sociales, composée d'ecclésiastiques, offre des cours du soir vulgarisant les enseignements pontificaux et les encycliques en matière sociale mais s'intéresse peu aux problématiques sociales et économiques vécues par les Canadiens français. Au début de la seconde portion de cette même décennie, soit en 1936, un jeune dominicain du nom de Georges-Henri Lévesque, détenteur depuis trois ans d'un diplôme supérieur en sciences sociales de l'Université catholique de Lille (France), vient enseigner la philosophie sociale à l'Université Laval. Convaincu que les sciences sociales peuvent être enseignées sur des bases scientifiques et également préoccupé par les profondes mutations engendrées par la crise économique, il amène le Conseil de l'Université à fonder, le 28 février 1938, l'École des sciences sociales, politiques et économiques, École qui sera rattachée à la Faculté de philosophie et dont il sera le premier directeur.

La première cohorte de 45 étudiantes et étudiants est accueillie à l'automne 1938 dans l'amphithéâtre de Droit de la côte Sainte-Famille à Québec. Poursuivant son développement, l'École devient une faculté autonome le 1er décembre 1943 et le père Lévesque en devient le premier doyen. Pendant la même époque, la Faculté institue un Centre de recherches sociales où les élèves mettent en pratique les enseignements acquis en méthodes de recherches sociales. Par sa présence, ses professeurs et ses enseignements, la Faculté des sciences sociales devient rapidement le foyer de profondes transformations intellectuelles et sociales. Dans les années cinquante, elle compte sur de nouveaux professeurs qu'elle a elle-même formés quelques années plus tôt et qui se sont spécialisés dans les grandes universités européennes. C'est ainsi que les Maurice Lamontagne, Jean-Charles Falardeau, Yves Martin, Fernand Dumont, Gérard Bergeron, Léon Dion, Gérard Dion et Adélard Tremblay, pour ne nommer que ceux-là, commencent à publier leurs propres ouvrages de référence, sont de plus en plus consultés, écoutés, et invités à participer à des tribunes publiques. Il faut admettre qu'en cette époque duplessiste, les sujets de contestation ne manquent pas!

Par son rayonnement, la Faculté des sciences sociales, tout comme d'autres entités progressistes telles que Radio-Canada, les syndicats ouvriers et le journal Le Devoir, contribue d'une façon majeure aux fondements de ce que l'on a appelé la Révolution tranquille.


Pour en savoir davantage :
http://www.fss.ulaval.ca/fss-cms/affichage.php?menu=42&dep=fss&fil=true&temps=1178121171

 

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